04 novembre 2009
Satyre/Faune
"Redeuntem colle Lycaeo Pan videt hanc pinuque caput praecinctuspraecinctus acuta..."
Syrinx rentrait de la colline de Lycée quand Pan, la tête couronnée de pin aux aiguilles piquantes l'aperçu...
Les Métamorphoses d'Ovide Livre I vers 698

Les satyres ou faunes pour les romains étaient à l’origine des génies de la forêt vénérés par les fermiers, bergers et paysans en raison de leur influences bénéfiques sur la terre. Ils étaient alors associés aux dieux Sylvains (des forêts). Ces créatures sont la combinaison de bouc et d’homme. Il en possède le torse, la tête et les bras, mais leurs jambes sont celles de caprins, fortes et nerveuses qui leur permettent de danser et de courir de façon endiablé. Ils sont représentés dans les cortèges des bacchanales accompagnant Bacchus/Dionysos ainsi que ses bacchantes (prêtresses de ce dieu).
Outre leurs fêtes endiablés et leurs beuveries, les satyres sont connus pour être de fieffés coureurs de jupons, poursuivant les belles mortelles et surtout les nymphes de leurs assiduités. C’est pourquoi, le satyre représentent la lubricité. Cette idée ne fait que s’accentuer avec la pression du catholicisme où le bouc est l’une des représentations du Diable. Le thème des nymphes et satyres revient régulièrement dans la peinture.
ci-dessus : Satyre et bacchante de James Pradier 1834
a droite : Nymphes et Satyres de Boguereau 1873
Le dieu Faunus ( de son nom romain) plus connu sous son nom grec : Pan, était le dieu pasteur protecteur de bergers vivant dans les montagnes d’Arcadie. Son aspect terrifiant déclenchait une peur « panique ». S’étant éprit de la belle nymphe Syrinx, il la poursuivit jusqu’à une rivière. Mais quand il la toucha, elle se métamorphosa en un bosquet de roseaux. Son soupir effleura les plantes qui produisirent un son exquis. Comme consolation, le Dieu créa avec ces roseaux la flûte de Syrinx, plus connu sous le nom de flûte de Pan.
Il avait un fils nommé Silène. Ce dernier représenté sous les trait d’un vieillard généralement ivre était l’un des compagnons préférés de Bacchus lors de ses beuveries.
a droite : Pan et Syrinx Michel Dorigny 1657
Pour s’unir à la belle Antiope, fille du roi de Thèbes, Zeus l’enleva sous la forme d’un satyre. Amphion et Zethos, des jumeaux, naquirent de cet union.
a gauche : Zeus et Antiope de Corrège 1525
Une des fables d'Esope raconte que les satyres vivaient volontiers en harmonie avec les paysans. Un des faunes ami d'un homme le vit un jour souffler sur ses mains. Lorsqu'il lui en demanda la raison, le paysan lui répondit que c'était pour se réchauffer. Plus tard, le satyre le vie souffler sur sa soupe chaude. Cette fois, l'homme lui dit que c'était pour la refroidir ce qui parut complètement absurde à la créature. Furieux de tant de duplicité, le satyre le blâma et quitta la compagnie des hommes.
Cette histoire fut un sujet très apprécié des peintres flamands du XVIIe siècle.
Cette relation entre satyre et paysan pourrait rappeler une autre créature issue des légendes des Vosges : Le sotré. Membre du petit peuple, il descend directement du nain, mais il s'agit d'une créature familière, domestique. Représenté comme une sorte de lutin laid et difforme, il a comme le satyre des pieds fourchus. On le représente portant un bonnet rouge et une houppelande noire (parfois l'inverse). Malgré sa petite taille il est extrêmement fort ce qui lui est bien utile pour jouer les pires farces aux paysans. L'une de ces histoire raconte qu'il était devenu ami avec un homme ayant le même caractère farceur que lui. Le jour ils travaillaient tout deux et la nuit, ils s'en allaient faire les pires blagues à leur voisins. Mais un jour, l'homme se moque du sotré. Outré, celui-ci le quitte sur le champ et fait son malheur.
"Farces par farces /Je t'ai enrichi
Farces par farces /Je t'ai ruiné "
Si on observe toutes ces histoires sur le satyre, on peu conclure qu'il s'agit d'une divinité mineur vivant dans les campagnes et généralement assez proche des hommes. Leurs caractères bon vivant les amène à se saouler et à courir le jupon ce qui est l'une de ces tendances les plus fâcheuses.
Malgré son indéniable caractère lubrique, la représentation du satyre moderne à tendance à s’adoucir : que ce soit sous les traits de Philoctète, entraîneur d’Hercule dans le film de ce même nom sortie des studio Disney en 1995, de l’aimable Mr Tumnus issue des chroniques de Narnia, ou encore des êtres joyeux qui s’ébattent dans la Symphonie Pastorale du Fantasia de Disney (1940).
ci dessus : Philoctète "l'entraîneur de vrais héros" dans Hercule de Disney



